S’organiser quand il faut jouer avec la fatigue

Dans le développement d’un projet, c’est ce que j’appelle une phase d’exécution.

Pousser le croquis au besoin

C’est surement ce que j’ai retenu de plus important l’année dernière : quand vous dessinez depuis prêt de 15H et qu’il est 4h du mat, vous n’avez plus les yeux en face des trous.

Ne vous laissez pas piéger par un croquis un peu paresseux en début de projet, vous savez, quand vous aviez encore la pleine faculté de votre cerveau ? Dessinez autant de détails que vous pensez avoir besoin durant la phase d’encrage sans quoi vous vous offrirez quelques déconvenues.

Encrer les cases difficiles en premier

Alors ça, c’est plutôt Isabelle qui en a eu l’idée. Sachant que vers 3h du matin, son cerveau serait au point mort, elle a choisi de s’occuper des cases les plus complexes, les fameux money shot (explosion) ou celles contenant pleins d’objets en premier. Good thinking Isabelle car à 3h du matin, le coup de mou est bien arrivé et ce qui en a suivi n’était que souffle d’exaspération et main tremblante (sans compter le matériel qui refuse de fonctionner correctement).

J’ai l’habitude avec les commandes d’illustration de fournir des séries d’illustrations pour chaque grande étape clés d’un projet.

Pour faire simple : si vous avez un imprévu, vous vous assurez de rendre au minimum un projet complet même s’il n’est pas finalisé.

Voici les différentes étapes que je suis lorsque je travaille sur un projet d’illustration. Cette méthode de travail s’est parfaitement adaptée au défi des 23h de la BD.

Travailler par grandes étapes

storyboard de la BD

Je commence par dessiner toutes les pages du storyboard.

Croquis des planches de BD

J’enchaine par le crayonné format réel. Je dessine la totalité du storyboard au propre sur des pages vierges. J’utilise pour cela un crayon de couleur rouge ou bleu qui sera facile à retirer via photoshop. Au besoin, je rentre dans le détail (voir chapitre précédent).

Encrage des planches au pinceau

Après l’étape du croquis suit naturellement l’encrage de toutes les pages au pinceau.

Je commence avant tout par écrire les textes au propre. C’est drôle à dire comme ça mais la fatigue n’aide pas vraiment à garder une main sûre et je ne suis pas réputé pour ma calligraphie.

J’encre ensuite au pinceau tous les tracés dessinés durant la phase de croquis. N’hésitez pas à prendre quelques libertés et vous montrer généreux.

Remplir les masses de noir

Le verre est rempli d’un fond d’encre de chine. Comme ça si je renverse tout, ce ne sera pas le contenu de la bouteille. On a eu un accident similaire l’année dernière avec de l’encre bleue et cette année encore avec un godet d’eau plein. Aaaaaah la fatigue…

J’utilise l’un de mes pires pinceaux, privilégiant un gabarit moyen qui pourra entrer dans les coins les plus fins et dégrossir les contours des masses.

Pour les plus gros aplats, j’utilise un espèce de petit gris (nom d’un pinceau à réservoir conseillé pour faire de l’aquarelle) d’aussi mauvaise qualité que le pinceau précédent.

C’est une phase très agréable, sans grande pression parfaitement adaptée à un travail de fin de projet. Attention à ne pas trop débordé (ça ne devrait pas arriver avec de meilleurs pinceaux).

Ajouter des valeurs de gris aux pages de BD

C’est une étape bonus. J’aime ajouter des valeurs de gris pour ne pas me contenter d’un simple clair obscur à base de blanc et de noir.
Les valeurs de gris m’aident à composer certaines cases, ajouter un peu de finesse à certains dessins
J’utilise pour cela un pinceau réservoir pentel gorgé d’encre de chine diluée à l’eau.

Scanner et nettoyer les planches de BD

Etape finale du projet avant la mise en ligne : il faut scanner puis nettoyer les planches.

Je ne m’attarde pas sur la phase de scann.

Pour la phase de nettoyage des planches, je passe sur photoshop. J’ai l’habitude de concevoir des script via la fenêtre script de photoshop. J’y indique que je veux systématiquement retourner ma planche puis que je souhaite appliquer un réglage nommé niveau configuré pour rendre les blancs bien blanc. En dernière passe, j’ajoute via l’outil “teinte/saturation” une configuration retirant les tracés rouges de mon dessin.

Comme je ne suis pas sur que le scann soit bien droit, je choisi de perdre un peu de temps à recadrer manuellement le dessin. Pour cela, je configure l’outil de recadrage à un format 800×600 (c’est en haut de la fenêtre photoshop si vous voulez tout savoir). Cela m’aidera à garder de bonnes proportions.

Et en avant le script en boucle. Si vous avez la possibilité d’intégrer cette phase de recadrage dans le script, vous devriez pouvoir vous débarrasser de cette étape en à peu prêt 5 minutes. Moi j’ai perdu un peu de temps.

Grâce à la fonction Fichier – automatisation – traitement par lots il ne vous reste qu’à sélectionner le dossier contenant tous vos scan et le tour est joué.
Pensez à renommer correctement vos fichiers bien sur !

Comme il s’agit de planches format 300 dpi, impossible pour moi de les mettre en ligne. J’ajoute un nouveau script qui aura la charge de redimensionner tout ça.
Et comme je n’aime pas écraser mes originaux, je duplique le dossier initial et lance le nouveau script photoshop.

Mise en ligne

Félicitation ! Il ne vous reste plus qu’à mettre vos pages de bande dessinée en ligne !

Si vous êtes impatient, vous aurez surement prit le temps de mettre vos page en ligne au fur et à mesure du projet, parfois même avez vous prit le temps de scanner chaque étape du projet pour en faire profiter vos lecteurs.

Je pense qu’avec l’organisation suivie durant cet article, je peux mettre la totalité de la BD en ligne durant les 5 premières heures du défis.

Et je vais arrêter mon pavé interminable ici ! J’espère que cela vous aura intéressé autant que l’événement. J’ai hâte d’y participer à nouveau !
En attendant, je me contenterais des 25H de la BD se déroulant à la fin de l’année.

Et pour vous, je vous laisse profiter de ma BD.
Salut !

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *