dessiner sans internet
mefisheye se demande si dessiner sans internet lui permettra de progresser en dessin

J’ai déménagé il y a deux semaines et je dois dire que depuis ce jour, je n’ai pas eu une minute pour moi. Les projets d’illustration s’enchaînent et je me surprends aujourd’hui, au moment même où le technicien quitte mon appartement à me dire que je n’ai pas eu l’occasion d’écrire un seul article pour ce blog.

Si je vous parle de cela, c’est parce que j’ai vécu une situation similaire il y a quelques années. Suite à une série d’erreurs et de reports, je me suis retrouvé coupé d’internet pendant deux mois. Deux mois, c’est long quand on n’a pas de téléphone capable de trouver du réseau.

Pendant ces deux mois, j’ai énormément progressé en dessin. J’ai eu tellement de temps libre que je me suis retrouvé à dessiner H24.

Je profite de cet élan d’énergie pour vous raconter une petite histoire, illustrée bien entendue car les images s’associent très bien aux mots pour faire passer des idées.

Comme d’habitude, n’hésitez pas à me faire partager votre expérience ou vos anecdotes sur le sujet en posant un petit commentaires.

La légende de l’alpiniste

une montagne de publications
Noyé au milieu de ses publications, l’auteur profite de ses succès littéraires.

Cela fait quelques années déjà que l’on parle d’un alpiniste qui aurait rencontré dieu au sommet de la chaîne de l’Himalaya. L’histoire semble assez difficile à croire. Personne ne semble connaître cet homme ni n’a eu l’occasion de le rencontrer. On prétend même qu’il ne s’agirait que d’un mythe censé relancer la mode de gravir les plus hautes montagnes de la planète.

Et pourtant, tous les éditeurs possèdent leur propre version de son ascension et de ce qu’il aurait pu apprendre au cours de ce périlleux voyage. Le contenu comme la forme de l’ascension tendent à changer à chaque nouvelle histoire mais une chose persiste. Cet homme n’avait pas internet.

Je me pose une question qui repose sur l’analyse d’une centaine de ces écrits. En quoi cela a pu l’aider dans son entreprise ? Pourquoi tout le monde insiste tant à mettre en avant que cet homme a atteint son objectif grâce à ce seul argument.

Pour tout vous dire, certaines histoires prétendent qu’il n’avait plus qu’un bras et une jambe valide, d’autres qu’il a atteint des sommets sans aucun matériel. Les écrivains usent des plus extravagantes excuses pour mettre en avant son exploit. Le seul qui persiste c’est qu’il n’avait aucun moyen de se rendre sur internet.

J’ai coupé internet et j’ai compris que ce serait compliqué

J’ai voulu savoir de quoi il en retournait et j’ai suivi l’exemple de cet alpiniste.

Mon objectif à moi n’est pas de devenir alpiniste, ni de rentrer dans la légende. Mon rêve, c’est d’écrire un livre. J’ai envie de savoir si activer au non internet peut m’être profitable

Alors j’ai débranché internet et ai commencé à écrire.

Quelle souffrance ! Je comprend un peu mieux ce que ressentent les fumeurs et les amateurs de sucre. Il y a comme un goût de reviens-y, un besoin incessant de cliquer, de visiter une page internet et d’être dissipé.

Essayez pour voir de votre coté. Débranchez simplement le câble de votre ordinateur ou désactivez le wifi. Vous vous rendrez compte à votre tour que votre esprit ne peut pas s’en passer. Combien de temps allez vous tenir avant de donner une fausse excuse pour accéder au réseau et pour visiter par accident l’un de vos sites préférés ?

Allez ! Mettons nous à la place de cet alpiniste. Nous sommes au milieu de la montagne. Il n’y a rien à 20km à la ronde. Vous êtes seul avec votre objectif. Et avancez un pas après l’autre dans sa direction.

Dans mon cas, je viens de terminer mon premier chapitre. La fin est encore loin mais je suis fier d’avoir passé ce premier obstacle.

Naïvement, je me dis que le plus dur est derrière moi alors que je n’ai toujours pas commencé à gravir le flanc de la montagne.

Retour aux sources

devenir créatif
Couper internet aide à rester concentré et par association à devenir plus créatif

C’est le soir que je me sens le plus faible. Pour arriver au bout de mon défis, il est impératif qu’internet reste coupé. Je parlais lors du chapitre précédent des petits besoins qui font qu’on peut aujourd’hui faussement justifier l’utilisation d’internet.

Moi par exemple, j’écris. On avait des idées, on achetait son matériel de calligraphie et on racontait des histoires bien avant que le premier ordinateur ne fasse son apparition.

Seulement hier soir, ma mère m’est tombée dessus. Elle vit seul au milieu de rien et surtout loin de moi. Et comme je n’ai pas l’occasion de la voir régulièrement, on s’est mis d’accord pour discuter en visio-conférence.

Je ne vous raconte pas la joute verbale auquel j’ai du faire face pour ne pas me rendre sur son application de visio préférée.

C’est simple : j’ai coupé court à la conversation et lui ai expliqué au moment de raccrocher que j’allais lui envoyer un courrier.

Trente secondes après, rebelote. J’ai décidé d’être fort, j’ai sorti mes plumes en plastique et un papier industriel blanc et ai entamé un nouveau manuscrit.

Étrangement, les mots me sont venus naturellement. Plus longtemps je restais éloigné de l’ordinateur et plus je me sentais pousser des ailes.

Crayon en main et plein d’entrain, je me relance dans mon roman. La tombée de la nuit, la fatigue et le manque de recul commencent à me jouer des tours. Je me surprend à mal écrire, faire de plus en plus de fautes et à prendre des raccourcis vis à vis de mon synopsis qui ne me plaisent pas. Je sens que ce que j’écris devient de moins en moins pertinent.

Quand vous êtes seul en montagne, la seule chose qui vous tient à cœur c’est d’arriver au sommet. Pour cela, il faut simplement poser un pied devant l’autre et ne pas perdre de vue son objectif. Il n’est jamais question d’inspiration et je comprends tout à fait qu’on puisse oublier le besoin de ne pas utiliser internet. Moi, quand j’écris, c’est ma passion qui parle. Si je ne profite pas de l’inertie accumulée au début du projet, comment est-il possible d’arriver au bout?

Me voilà qui commence à dénigrer mon mentor et à me chercher des excuses. Il faut que je reste humble et que moi aussi je pose un pied devant l’autre.

Terminé mais pas parfait

Je vous passe les deux jours où je me suis maudit d’avoir entamé ce défis stupide. Cet alpiniste n’existe pas. Tout ça, c’est des foutaises inventées de toute pièce par un écrivain manipulateur. Il a vendu son concept à tout le monde, comme une femme faisant le tapin devant la gare. Il doit se gaver aujourd’hui des rapaces qui lui ont dérobé son idée et se font un max de beurre sur son dos.

Mais aujourd’hui je tiens bon. Merci à toi enflure de m’avoir donné ce rêve fou ! Aujourd’hui j’écris et je vomis sur ma prise internet dès que j’en ai l’occasion. Des fois il m’arrive même de rire à ses dépends. Hier il m’est même venu l’idée saugrenue d’appeler mon opérateur internet pour lui dire d’aller se faire voir, que je ne lui donnerais plus un sous et que j’étais plus fort que lui. C’est une bonne blague adolescente.

Ce matin je n’avais pas envie d’écrire et me suis alors rendu dans une librairie où j’ai acheté un livre. Moi ? Un romancier qui lit des livres… Je n’avais jamais vu ça, pas dans ma maison en tout cas. Je l’ai terminé en une heure et ai pondu un chapitre de mon propre roman dans la foulée. Bon sang que ça fait du bien.

Des fois je relis même ma propre histoire pour voir ce que j’en pense. Pour être honnête, ça a l’air plutôt mauvais. La synthase n’est pas bonne, les fautes sont légions et l’histoire semble parfois confuse.

Au diable la cohérence car tout ce que j’écris me vient des tripes ! Et quand ça vient des tripes, ça ne peut pas être mauvais.

Des fois j’ai des coups de mou qui m’empêchent de me concentrer. Le regard vide, il m’arrive de me poser sur mon lit à observer les toiles d’araignées au plafond. Parfois je me pose devant la fenêtre et observe les passants vivre leur vie de drogués numérique. Une autre fois, je griffonne de petites scènes de mon histoire dans la marge de mon manuscrit en attendant que de meilleures idées me viennent.

Ce cinéma dure depuis maintenant deux semaines. Je vois enfin le bout de mon histoire et passe deux jours de plus à affiner une fin digne de ce nom. Lorsque j’appose le dernier point sur la dernière page du roman, je regarde ma feuille avec attention, relis les dernières lignes et émet un soupir de relâchement.

Une bonne fin ne serait rien sans une bonne histoire. Je la relis depuis le début, corrige avec beaucoup de peine pas mal de passages, en rature d’autres, en rajoute un nouveau. Ce cinéma va durer pas mal de temps.

Tout ça pour ça

J’ai envoyé mon manuscrit à une dizaine d’éditeurs. Il ont tous répondu favorablement.

Ils m’ont dit que cette histoire les inspirait grandement mais qu’ils aimeraient bien que j’y fasse quelques corrections, juste histoire de mieux coller à leur ligne éditoriale.

Alors me voici, devant vous, sans ce maudit internet pour me distraire, à écrire en même temps une dizaine de livres parlant d’un mec qui monte en haut de l’Himalaya sans internet.

Hier, ma mère a enfin reçu sa lettre. Cela fait deux mois qu’elle était perdue. Si ça se trouve elle aussi a coupé internet pour retrouver son chemin.

Et si j’apprenais à dessiner ?

Note de l’auteur :

Si vous aussi vous avez apprécié le fin mot de l’histoire, son contenu ou si vous voulez émettre un avis sur ma façon d’écrire (car je ne suis pas écrivain et n’avais pas forcément de bons résultats en littérature), n’hésitez pas à laisser un petit commentaire !

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6 thoughts on “Pourquoi faut-il couper internet pour réussir son projet ?”

  1. C’est sur qu’internet est une villaine distraction, je te souhaite la meilleure des concentration et m’en vais scroller pour trouver des chat mignons

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Je vous donne la parole et vous donne des clés pour réussir vos défis dessin.

Le chemin pour devenir illustrateur professionnel est semé d’embuches. Motivation, problèmes d’organisation, connaissances ! Tout cela manque un jour ou l’autre lorsqu’on ambitionne de faire un bon dessin.