analyse livre survivant chuck palahniuk
Quelles techniques Chuck Palahniuk utilise t’il pour rendre l’écriture de son histoire si drôle et singulière ?

Je vous présentais dans mon dernier article J’ai lu ma dernière lecture. Il s’agit de Survivant, le second livre écrit par Chuck Palahniuk, auteur original du roman Fight club.

Si vous êtes comme moi à la recherche d’inspiration pour écrire vos histoires, il me semble important de s’attarder sur différents points qui semblent, à mon sens en tout cas, intéressant à garder à l’esprit.

Je n’ai bien entendu pas l’intention d’être exhaustif et encore moins de faire une analyse littéraire du style employé par Palahniuk. Voyez ici un rassemblement rapide de technique qui m’ont vraiment marquées et de pourquoi je souhaite le réutiliser à l’avenir.

Si vous aussi vous avez eu l’occasion de lire un livre dont certains aspects vous ont marquées, je serais très heureux d’en entendre parler dans les commentaires !
PS : même s’il s’agit d’un livre paru dans Pomme d’Api, c’est toujours bon à prendre !

Une histoire qui commence par la fin

J’ai retenu pas mal de chose de ce bouquin ce qui me semble être la marque d’un bon livre. Tout d’abord, Chuck Palahniuk met les pieds dans le plat dès l’introduction. A l’image du film Spy game, l’histoire commence par la fin. Vous allez donc devoir atteindre les dernières pages pour savoir pourquoi notre héros est dans cette abominable situation. Cela me semble être un bon moyen de garder les gens jusqu’à bout surtout si la situation de votre personnage est aux antipodes du début de l’histoire.

commencer par la fin
Commencer une histoire par la scène de fin est est un bon moyen d’attirer l’attention du lecteur.

Le voyage du héros

Si vous n’êtes pas au fait de ce qu’est le voyage du héros, je vous invite à passer voir ce fabuleux article écrit par Tom Weil : https://www.commentfaireunfilm.com/voyage-du-heros-1/

Passé l’introduction et les aventures rocambolesques auxquelles participent nos héros, l’histoire peut paraître assez classique. Le héros est un petit. Il est plein de convictions quand apparaît dans sa vie un grand chamboulement. Il perd alors ses repaires et entame un voyage initiatique qui va le transformer. Vient enfin le combat final et la conclusion.
Comme il s’agit d’un livre pour adulte, ne vous attendez pas au combat contre un grand méchant mais plutôt à un profond changement moral.
Quand à savoir si ça fini bien ou mal, je vous invite à comparer les premières et dernières pages du livre.

Il faut prendre du recul pour constater cette construction simple du récit. La situation initiale est déjà très prenante. On peut en remercier les habitudes très particulières du héros, sa façon de parler, ses relations avec son entourage. Chaque péripétie est plus délirante et démesurée que la précédente. Palahniuk fait preuve d’une grande ingéniosité pour que le récit ne tourne jamais en rond et gagne en intensité.
La transformation du héros, habituellement psychologique (n’oublions pas la morale) s’associe pour la première fois à un changement physique dantesque.

Un rythme d’écriture très particulier

Si vous avez du mal à rythmer votre écriture, vous pouvez faire comme moi. Suivez cet exemple de Gary Provost. Il aide à rendre la lecture de votre histoire plus intéressante.

“This sentence has five words. Here are five more words. Five-word sentences are fine. But several together become monotonous. Listen to what is happening. The writing is getting boring. The sound of it drones. It’s like a stuck record. The ear demands some variety. Now listen. I vary the sentence length, and I create music. Music. The writing sings. It has a pleasant rhythm, a lilt, a harmony. I use short sentences. And I use sentences of medium length. And sometimes, when I am certain the reader is rested, I will engage him with a sentence of considerable length, a sentence that burns with energy and builds with all the impetus of a crescendo, the roll of the drums, the crash of the cymbals–sounds that say listen to this, it is important.”

En lisant Survivant, je me suis rendu compte qu’il respecte à la lettre cette règles. La sauce est simple sur papier : enchaînez phrases courtes, phrases longues, phrases de tailles raisonnables. Jouez sur des contrastes. Recommencez. Cette technique est censée imiter le fil d’une pensée ou d’une discussion.

organiser et rythmez vos phrases pour plus de punch
Ecrire une histoire ne consiste pas seulement à accumuler des phrases. Il faut aussi penser le rythme de lecture. Cela aide à garder le lecteur attentif.

Une écriture comme un fil de pensée

C’est un point que j’ai déjà remarqué chez Franck Miller (Sin city), Chuck Palahniuk aime les narrateur internes. C’est un choix intéressant. Vous vivez l’aventure comme si vous étiez dans sa tête. Vous partagez ses sentiments, partagez les moments les plus gênants (ces discussions dans les toilettes bruyantes …). En gros, vous êtes le héros, un monstre par procuration.

Cela ajoute au côté viscéral de l’aventure. Une écriture plus classique devra jouer sur d’autres codes pour créer un ressenti équivalent. Par exemple, on reproche souvent à Tolkien de se perdre dans des descriptions. Forcément ! Si au milieu d’une scène d’action, on vous passe un gingle de pub de dix minutes vous faisant l’apologie du Poitou-Charente, je comprendrais que vous deveniez un peu mou. Ces descriptions servent avant tout à marquer son univers avec précision.

Chez Lovecraft, les descriptions sont associées au champ lexical de l’horreur (Vous pouvez aller sur ce site pour y découvrir quelques extraits : https://booknode.com/la_peur_qui_rode_057287/extraits). Je vous mets au défis de ne rien ressentir passé l’enchaînement de mots comme immonde, vomissant ou suffoquant.

Il sera intéressant de voir si Chuck Palahniuk a essayé des styles différents dans ses autres romans.

La culture comme confiture

Lire Survivant, c’est se retrouver face à une forme de culture étonnante.
Il y parle de sectes, de drogue, de voyages en maison pré-construite. Pas mal de codes qui me sont étrangers. et qui nécessitent pas mal de recherches pour être confirmées.

Le ton péremptoire qu’emploi le héros lorsqu’il raconte son odyssée devient un formidable vecteur de mensonges. Est-il vrai qu’en mêlant du chlorure avec de l’acétone vous créez un gaz empoisonné ? Retire t’on les tâches de sang avec un chiffon imbibé ? Comment le héros apprend-til ces informations et comment vous allez vous les confirmer ?

Trouver de bonnes idées
Une bonne idée sort rarement de nulle part. Pensez le fond de votre histoire, développez son univers. Puisez dans vos connaissances ou faites des recherches.

Création d’univers

Prenez un personnage, écrivez son histoire, écrivez son caractère. Cela formera une structure solide pour votre histoire. On appelle cela de la création d’univers.
Si vous souhaitez faire dans le réalisme façon hard science fiction,
Prenez le temps de vous informer sur quelques concepts physiques. Il serait dommage que votre histoire sonne comme un vieux nanard. Isaac Asimov a écrit des monuments de science fiction et avait un sacré bagage scientifique derrière lui. Ce n’est sûrement pas étranger à son succès.
Si vous faites de la fantaisie, inspirez vous de J.R.R Tolkien. Nul n’est censé ignorer qu’avant d’écrire le seigneur des anneaux, il a développé son univers dans le Silmarillion. C’est une œuvre majeure pour qui veut vraiment comprendre le background de sa trilogie. Chaque race a une histoire. Chaque mot (elfique, orc ou nain) est contrôlé.

Ok, il n’est pas forcément obligé d’arriver à ce niveau mais un peu comme dans un dessin, si vous voulez qu’il soit réussi, impliquez vous un minimum dans les fondamentaux.

Ecrire comme Chuck Palahniuk en quelques mots

Je pense avoir fait le tour de la question sans vous avoir raconté trop de détails sur l’histoire de Survivant. En quelques mots, voici ce que je retiendrais du livre de Chuck Palahniuk :

Contrôler le rythme de lecture
Jouer avec des longueurs de phrases différentes pour rythmer la lecture

Utiliser un narrateur interne

Un narrateur interne est un bon moyen de se mettre à la place du personnage.

Construire l’histoire de son personnage
Un personnage aura plus de force si vous écrivez toute son histoire. Son physique et sa mentalité découlent directement de ses expériences.

Bien se documenter
C’est surement la partie la plus longue. A moins d’écrire une nouvelle dans un univers de fantaisie, il me semble difficile de faire l’impasse sur certaines connaissances universelles. En fonction du contenu de votre récit, il faudra s’intéresser aux mouvement artistiques, architecturaux ou aux connaissances physiques qui serviront à donner une recevabilité technique à l’histoire.

Utiliser une construction de récit classique
Une construction de récit classique comme celle du voyage du héros sera une base formidable pour créer une histoire efficace. Quand vous en aurez fait le tour, il faudra s’intéresser à d’autres formes de construction de récit.

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