une petite fille est fière de terminer d'un dessin contenu dans son livre préféré

Copier un dessin, la grande incompréhension

Découvrir le dessin en copiant des dessins

Cet article fait suite à ma petite présentation où je parle de l’évolution de mon style de dessin (par ici la sortie : https://mefisheye.com/evolution-style-de-dessin/). Cette fois, je creuse jusqu’à l’origine de mon apprentissage du dessin et vous explique pourquoi copier ne m’a jamais rien apporté.

Je me revois à l’école primaire, occupé à reproduire des cartes pokemon et des personnages dragon ball, remplissant des classeurs complets de copies de dessins de mes héros préférés. J’aime déjà les jeux vidéos et m’amuse à créer des décors de Sonic en reproduisant des morceaux de mes niveaux préférés. C’est surement là ma première approche du dessin créatif.

Quand on a huit ans, votre famille vous encourage, vous dit que vous avez du talent. C’est quand même une belle illusion qui sert de moteur non ?

Je disais donc, conforté par la famille et les amis, je poursuis mes efforts….dans la copie. Mais est-ce ce que je sais vraiment dessiner ?

Je vous explique maintenant comment j’ai compris que copier ne m’a rien apprit.

Créer, c’est dur quand on ne fait que copier

Me voici au collège avec une envie pressante de créer mes propres dessins, inventer ou détourner des univers que j’apprécie.

J’ai ici une jolie relique de cette époque. Il s’agit de ma première bande dessinée dessinée vers 11 ans. Je ne peux hélas pas comparer cette œuvre d’art (encensée par la critique familiale comme je le disais précédemment) avec mes œuvres d’art issues de la copie car je les ai hélas toutes perdues.

Double page d'une bande dessinée dragon ball dessinées quand j'étais au collège
Double page d’une bande dessinée dragon ball dessinée quand j’étais au collège

La comparaison vous ferait rire. Le dessin ici est maladroit, bourré de fautes anatomiques grossières, à des kilomètres du style de Dragon Ball. Pourtant, les dessins que je copiais étaient très justes et fidèles. Alors que s’est-il passé pour qu’une fois seul face à mon bout de papier, je ne sois pas capable de créer des personnages qui se tiennent ?

La réponse est simple : je ne comprenais tout simplement pas ce que je copiais.

Comprendre ce qu’on copie, la clé de la réussite

Comprendre, c’est bien là le fin mot de l’histoire. Pour comprendre quelque chose il faut se poser des questions, développer un esprit d’analyse qui vous permettra de répondre justement à une situation particulière.

Comprendre quand on a pas de tutoriel sous la main

Quand on est au collège, il ne nous vient pas forcément à l’esprit qu’il y a derrière un corps humain toute une théorie qui permet de construire méthodiquement chaque forme. Alors que nous reste-il dans ce cas ? L’observation.

Observer son corps, observer son environnement. Avez vous déjà essayé de dessiner un cheval sans avoir prit le temps d’en regarder un ?

Il n’y a que des avantages à comprendre ce qu’on copie

Double page d'une bande dessinée dragon ball dessinées quand j'étais au lycée
Un reboot datant du lycée de la bande dessinée présentée plus haut. Cette fois-ci, j’avais prit le temps d’analyser en peu plus le style de dessin du manga Dragon ball.

Je liste rapidement quelques avantages évidents à la copie intelligente.

On dessine plus vite.

C’est un fait. Si vous savez à quoi ressemble un cheval, vous dessinerez plus rapidement le cheval. J’ai remarqué qu’avant d’apprendre l’anatomie, il me fallait plus de 8 heures pour dessiner un portrait réaliste. Par la suite, ce timing est tombé à deux heures et je plafonne aujourd’hui à 20 minutes.

On fait moins d’erreurs.

La justesse implique deux conditions qui peuvent être dissociées.

Soit vous développez une méthode, auquel cas, vous “construisez” intelligemment votre sujet et le dessinez logiquement.

Soit vous dessinez suffisamment de fois le même sujet pour développer des automatismes (un peu comme ces gens qui ne dessinent que des personnages de dragon ball).

On peut dessiner des sujets plus compliqués.

dessin de foule wimmelbilder egypte
Mon troisième dessin de foule que j’ai eu le courage de terminer cinq ans après l’avoir commencé.

La notion de complexité vient plus de l’habitude que de la compétence pure. J’ai remarqué ça en dessinant des wimmelbilder (dessin de foule en français). Au début, dessiner des illustrations aussi chargées révèle du parcours du combattant. Cependant, si vous répétez l’exercice plusieurs fois, vous remarquez que cela devient plus simple, plus naturel.

Un dessin compliqué appelle à être plus patient et la patience, comme toute compétence, ça s’apprend.

On peut prendre des libertés.

Quand je parle de prendre des libertés, je veux dire que vous pouvez avoir dessiné si souvent un sujet que vous allez prendre des raccourcis dans votre manière de le dessiner. Le trait devient plus assuré, peut être même commencez vous à déformer certains aspects pour les adapter à votre imaginaire.

On dit alors que vous commencez à développer un style de dessin, et dans ce cas là, il faut passer voir ces articles qui traitent de ce sujet : Que signifie avoir un style de dessin et Comment créer un style de dessin

Faut-il copier d’après photo ou d’après le réel ?

Un artiste peint un tableau en regardant à travers un polaroid troué.
Un artiste peint un tableau en regardant à travers un polaroid troué.

Je mets les deux pieds (et les mains) dans le plat pour répondre à cette dernière question.

Non, ce n’est pas grave de dessiner d’après photo. Mais avant de dire pourquoi, je veux vous expliquer l’intérêt du dessin à vue.

Les intérêts du dessin à vue

Le dessin à vu comprend la nature morte, le modèle vivant et le dessin en plein air. On peut dire qu’il a presque toutes les qualités.

Sa principale qualité vient de notre capacité à interagir avec notre environnement. Le point de vue que vous avez choisi ne vous plait pas ? Et bien, changez de position ! Vous n’aimez pas la lumière projetée par un mur ? Déplacez le sujet ou trouvez un moyen d’annuler le problème.

Un autre argument très important concerne la couleur. L’œil est un outil d’une puissance formidable. Il est capable de percevoir des écarts de luminosité très important parfois impossible à capturer avec avec un appareil photo.

Enfin, cette capacité naturelle à pouvoir tourner autour du sujet pour le regarder avec un autre point de vue aide permet de mieux le comprendre. Vous ne devriez plus vraiment avoir de problème d’objet caché (notamment en modèle vivant) si vous prenez l’habitude de lever la tête.

Les intérêts du dessin d’après photo

Il existe certains points que le dessin à vue aura du mal à vous apporter.

Tout d’abord, l’intemporalité. Comme chacun sait, un crépuscule ne dure jamais bien longtemps et un modèle vivant bouge beaucoup.

Ensuite vient la richesse des sujets. J’avoue ne pas avoir tous les jours sous la main un lion blanc ou une navette spatiale lorsque j’ai besoin d’en dessiner une. J’ai accès sur internet à une banque quasiment infinie de ressources que je peux étudier et apprécier.

En conclusion ? comment peut-on copier intelligemment ?

C’est facile. Pour copier intelligemment, je vous conseille avant tout de brancher votre cerveau. Essayez toujours de voir ce qu’il se passe derrière le dessin que vous désirez copier. Comme chaque fois, c’est votre patience qui sera votre principal compagnon durant ce périple. Le dessin est un sujet très vaste qui nécessite beaucoup de temps pour être maitrisé.

Si jamais vous êtes à la recherche d’une méthode hors norme pour apprendre le dessin d’observation, vous pouvez vous procurer le livre Drawing with the right side of your brain écrit par Betty Edwards: https://www.drawright.com/

Rejoignez Mefisheye sur les réseaux sociaux

N'hésitez pas à donner votre avis :

Je vous donne la parole et vous donne des clés pour réussir vos défis dessin.

Le chemin pour devenir illustrateur professionnel est semé d’embuches. Motivation, problèmes d’organisation, connaissances ! Tout cela manque un jour ou l’autre lorsqu’on ambitionne de faire un bon dessin.